Ce soir là, il fallait que tout s'arrête. Je n'en pouvais plus des interventions loupées.

 

Pour maintenir un pied, mon chirurgien m'avait posé des agrafes.

J'ai fait de la rééducation et je n'avais que plus mal. A la radio, mon chirurgien a remarqué que les agrafes étaient cassées. Il fallait réopérer..

 

Ensuite, il m'a mis une grande vis pour maintenir la cheville, dans l'axe.

pareil que la première... Immobilisation de 6 semaines et rééducation.

j'avais encore atrocement mal et mon chirurgien a découvert que la vis se dévissait.

 

Pour moi, c'était trop. j'en étais déjà arrivée à la 26 ème intervention.

Je n'en pouvais plus de la vie, de devoir se battre et d'accumuler les échecs.

Depuis mes 20 ans, je voyais une psychiatre qui a réalisé un miracle. je vous en parlerai, plus tard.

Elle me prescrivais des traitements, je les achetais mais ne les prenais pas.

Chez moi, j'avais un arsenal à tuer un cheval..

 

Ce soir la, mon compagnon avait un fête d'organisée et je ne voulais pas y aller.

Je suis allée acheter une bouteille de rhum et j'ai avalé plus de 350 médicaments.

 

Ce soir là, ça a sonné à ma porte.

Je me suis précipitée de mettre les boites vides, dans la machine à laver et j'ai mis du linge, dessus.

J'ai ouvert. C'était mon compagnon. Sa soirée avait été annulée.

 

Je n’allais pas bien du tout. je lui ai dit que j’allais me coucher et de ne surtout pas me réveiller.

Le lendemain, vers 13h30, je dormais encore et là, il s'est inquiété.

Il a remarqué que j'étais inconsciente.

 

La première chose qu’il a fait a été d''appeler ma mère.

Celle-ci lui aurait dit de partir, de fermer la porte, que j'en avais assez vécu.

Il n'a pas pu et a appelé les secours

 

Les pompiers ont fait des recherches, dans la maison et sont tombés sur toutes les boites vides.

Vu tout ce que j'avais avalé, je n'étais pas transportable. Le SAMU a fait les lavages d'estomac, sur place.

Je suis restée en réanimation intensive et dans le coma, 4 jours.

Quand je suis sortie du coma, j'étais intubée.

Juste avant de sortir du coma, je rêvais qu'un enfant tapait sur mes dents comme sur un xylophone de couleur. C'était douloureux

Quand j'ai pris conscience que j'étais intubée de partout, j'ai pris peur.

Je m'imaginais vivre sous respirateur, toute ma vie.

Je ne voulais pas de cette vie là.

 

J'y ai mis le temps, mais grâce à mon syndrome (hyper souplesse), j'ai réussi à me détacher la main gauche qui était maintenue par un gros scratch

Et là, je me suis dé-intubée, d'un coup sec.

Je préférais mourir que de vivre avec des machines.

Toutes les machines se sont mis en alarme et le personnel soignant est arrivé, en urgence.

J'étais en détresse respiratoire totale mais ils ont réussi à pallier au problème, sans me ré-intuber.

Après j'avoue que j'ai été odieuse.

A peine sortie du coma, je voulais fumer une clope.

J'ai aussi rencontré un psychiatre qui m' a dit que j'aurais pu mourir.

Avec lui, j'ai un peu joué le jeu du disque rayé : « Je viens juste de sortir du coma, j'ai conscience de mon geste, mais je n'ai pas les idées très claires. On en reparle, plus tard »

 

En réanimation intensive, j'ai vu trois personnes sortir les pieds devant.

 

En ce qui me concerne, j'ai été tellement détestable que la chef du service m'a fait signer une décharge, pour sortir. (Après coup, je m'en veux)

Ma mère est venue me chercher et je suis rentrée chez moi, en « slip »

Tous mes vêtements avaient été découpés par les secours

 

Je ne suis pas allée en médecine générale, comme convenu et encore moins en hôpital psychiatrique.

 

Le lendemain, j'ai fait un retour. J'étais en détresse respiratoire totale. j'ai appelé SOS médecin qui est arrivé au plus vite et m'a donné un médicament pour pouvoir respirer.

 

Le suicide, c'est très traître. Vous allez mal et ça peut vous prendre d'un coup, comme ça.

Si mon compagnon n'avait pas eu sa soirée d'annulée, je ne serais plus de ce monde.

Vu ma « pitoyable » vie, je ne sais pas si je dois le remercier.

 

Aujourd'hui, j'ai une fille de 10 ans et je me bats, pour elle !

Je suis heureuse de l'avoir et elle me donne la volonté de vouloir m'en sortir.

Même si ce n'est pas facile, tous les jours...